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Aérodrôme
de Dole Tavaux
LE
CAMP DE FOUCHERANS
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Comme nous l'avons vu précédemment le camp Allemand du bois de Foucherans pendant la Seconde Guerre
Mondiale était au centre du dispositif de détection de la Chasse de nuit
Allemande, il était le Centre de commandement régional des
opérations aériennes: |
| Gefechtsstand
for NachtJagd Raum Führer 120 ou NJRF 120 |
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Le NJRF de Foucherans était un
maillon du dispositif de surveillance aérienne de la Luftwaffe, comme il en existe
d'autres à différents endroits de la ligne "Kammhuber
Himelbett" ... |
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Certains sont parfois parfois
mieux préservés, notamment dans le nord de l'Europe, voir à ce sujet le
site de mon ami Mr Svejgaard au Danemark :
http://www.gyges.dk |
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Les Secteurs de Commandement portent généralement un nom
de code emprunté à la mythologie grecque,
celui donné au secteur de Foucherans et de par la même au NJRF 120 reste à découvrir
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Les NJRF étaient régulièrement répartis le long de
la ligne, le N° 120 de Foucherans n'apparaît sur les cartes Allemandes
que vers Septembre 1943, il couvrait la zone
comprise entre St Dizier au nord (NJRF 9) et Lyon au sud (NJRF 109). Il était prévu qu'il devrait par la suite
couvrir une zone beaucoup plus importante et suffire à suppléer aux autres
installations de la région Lyon-Grenoble, trop exposées aux
actions de l'aviation Alliée . |
| Cet ensemble de bâtiments
qui constituait
également le casernement et la base
logistique du 6./NJGIV de
chasse de nuit de Dole - Tavaux dépendait du Ln.Ausb.Rgt.303. |
| On
trouve également sur le camp un échelon du détachement de guet aérien (Fluko)
du Flugmeldediens.
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Le
relatif éloignement du terrain d'aviation relevait de deux impératifs, d'une
part la nécessité de garantir le repos et la quiétude des personnels
intervenant de nuit, dépendants d'une logistique spécifique différente de
la chasse de jour et par ailleurs de mettre à l'écart des attaques alliées les coûteuses
installations et infrastructures de radiocommunication et de téléphonie . |
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La construction de ce camp dans le bois de
Chevanny sur le territoire de
la commune de Foucherans commencera en 1943 et ne prendra que quelques mois et il couvrira bientôt un
vaste espace de plus de quatre hectares à la lisière du bois de "Chevanny" (coupes 2/4/6/8/10/12). |
| Le terrain dont l'altitude varie de 230 à 240 mètres est en pente orientée
Est-ouest . |
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Cliquez
sur le plan pour agrandir |
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Les emprises allemandes seront limitées au NJRF, au bâtiment principal et aux
constructions alentour . |
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Les troupes américaines dans l'immédiat après guerre
réaliseront quelques travaux dans la partie sud du camp . |
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Ensuite viendra le Génie de l'Air Français qui avec un
effectif total avoisinant les 300 hommes réalisera l' extension du camp à l'est et à
l'ouest . |
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L'emploi par les Allemands de matériaux comme la pierre taillée ou le béton démontre
bien que le NJRF
n'avais pas une vocation provisoire mais était bien destiné à durer. |
| A
l'intérieur d'une enceinte barbelée, il disposait d'un confort enviable pour
l'époque permettant l'hébergement d'environ 75 personnels hommes et femmes . |
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| Massif et imposant (40,2 x 19,5 mètres) le NJRF est
construit en trois travées alliant pierre taillée et béton . Sur le toit se
trouvait une citerne d'eau en fer de trente mètres cubes et un mirador fait de rondins de 30 cm de
circonférence, sa plate-forme d'observation située à une hauteur de dix mètres environ était
desservie par un escalier intérieur en bois. Il devait permettre d'apercevoir les pistes
de la base de Tavaux , il n'est pas exclus qu'il put s'y trouver un système de
communication optique et une pièce de Flak de petit calibre . |
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| Salle de contrôle
des opérations aériennes |
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Ce bâtiment comportait une vaste salle de contrôle des opérations
aériennes : |
| le témoignage d'un civil français travaillant au camp alentour de 1943-44 évoque une
énorme
vitre avec des points lumineux sur la partie centrale de la pièce en forme
de salle de cinéma . |
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Les Allemands donnaient familièrement le surnom "Himmelbett Kino"
à ce type d'installation. |
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De nombreux sous officiers étaient installés en contrebas
sur des chaises et des bancs . |
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Les murs de cette vaste salle étaient tapissés
de cartes aériennes... |
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Ce même témoignage évoque la présence des "Souris grises"
qui travaillaient sur les téléscripteurs dans les bâtiments situés
immédiatement à l'ouest du NJRF.
L'homme
était chargé d'approvisionner ces dames en charbon.
Il eut le loisir de les
observer dans leurs activités de secrétariat et de téléphonie et se rappelle
particulièrement des machines à bandes blanches (télétypes). |
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Ces radiotélégraphistes appartenaient à un détachement de guet aérien (Fluko)
du Flugmeldedienst dont le rôle était de transmettre aux groupes de
chasse les synthèses des différents renseignements et observations
concernant les mouvements aériens, elles utilisent à la fois le phonique et le
graphique . |
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Divers bâtiments de taille variable et à vocations diverses étaient construits
en bois sur des soubassements de béton ou de pierre taillée. |
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Le bâtiment de la cantine (n°3) était divisé en deux parties, réfectoire et
cuisines; Le réfectoire avait une grande cheminée de pierre taillée dont le
conduit s'élevait au dessus du toit et la partie cuisine comprenait différentes
pièces et un sous-sol. |
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Les sanitaires relativement vastes étaient aussi construits
de briques, sur des
soubassements de béton, ils disposaient de toilettes,
douches et lavabos et étaient assortis d'une fosse sceptique en sous-sol . Le camp dans
son ensemble disposait de l'adduction d'eau sous pression et d'un système
d'égout tel un confortable petit village ... |
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On notera la présence d'une véritable piscine de 21 mètres x 11,
construite en béton armée et de bonne profondeur variant de 1,80 à 2,50
mètres, bien que comblée par du compost vers 1984, elle est toujours visible aujourd'hui
. |
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Outrepassant sa mission de réserve d'eau et d'incendie, elle disposait d'un
plongeoir assorti d'un mat en bois, les parties et accessoires métalliques
furent ferraillées dans les années 1950 . |
| Le Camp de
Foucherans après la guerre : |
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De sa création à nos jours, le camp hébergera
différents occupants, les
allemands l'abandonnèrent en 1944, non sans avoir fait sauter les principales
installations techniques ... |
Les alliés renseignés notamment par les maquis locaux connaissaient sa présence et il était de toute façon sur la liste des objectifs " à bombarder" ( Source S.H.A.A.).
La tournure du cours de la guerre, et l'avance rapide des alliés fit qu'il fût épargné par l'aviation, ne subissant que quelques mitraillages ponctuels. |
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Les témoignages restent controversés quand au fait que l'écroulement du bâtiment principal
ne soit pas le fait de l'occupant, mais des services français de
l'école du Génie procédant à l' instruction à l'usage des
explosifs... |
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La commune
devra plus tard à nouveau effectuer des travaux pour sécuriser le restant qui
risquait de s'effondrer . |
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Un Ferrailleur adjudicateur récupèrera les métaux vers 1949, il y avait
sur le NJRF un réservoir d'eau de 30 mètres cube qui sera également
ferraillé. |
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le mirador
en bois qui se trouvait sur le toit s'écroulera tout seul dans les années 1950, un jour de
grand vent... |
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| Dès le départ précipité
des troupes allemands, Le camp sera abondamment et bien légitimement pillé par la population qui manquait de tout,
l'occupant avait même brûlé diverses armes légères et munitions qui
l'encombrait, certaines seront récupérées par des villageois . |
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Le Camp sera dans
un premier temps occupé par les américains de l'Engineer Air Force qui durant
près de six mois, de la libération à Avril 1945 en feront un lieu
d'hébergement et un dépôt de matériel : plaques P.S.P, pièces et moteurs
d'avion de rechanges, munitions légères et divers .... |
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Ils y construiront le grand
hangar métallique qui sera par la suite récupéré et démonté par les
services de l'Armée de l'air, il se trouve encore
aujourd'hui sur le Camp d'aviation de Tavaux et est utilisé par l'Aéro Club. |
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Les Américains
très nombreux dans les environ devaient se loger dans les locaux les plus
divers, pourvus qu'ils soient disponibles ... |
| Au départ
des américains, le Camp sera réutilisé par des
bataillons du Génie de l'air le B.G.A 72, puis le 71. |
| Le
premier avril 1945 sera créé à Foucherans par le Général
Vallin un Dépot Ecole du Génie de l'Air français (D.E.G.A), appartenant au premier corps d'armée, il y restera jusqu'au printemps
1946. |
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L'unité comportait Commandement, services administratifs, une
divison d'instruction, une section Atelier et un Garage. |
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Elle
comptera jusqu'a 300 hommes répartis en trois compagnies de soutien et
Services, principalement chargées d'assurer la maintenance et l'entretien des
installations du camp de Tavaux, mais aussi la gestion d'un parc automobile et
d'ateliers mécaniques . |
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Le Génie de l'air
construira bon nombre de nouveaux bâtiments à vocation administrative et
d'hébergement aux deux extrémités est et ouest du camp et réalisera une
conséquente adduction d'eau, la petite station de relevage était encore
visible il y a quelques années sur la droite du chemin qui mène au camp, à
guère plus d'une trentaine de mètres du pont de chemin de fer . |
| Le Dépot Ecole du
Génie de l'Air de Foucherans sera dissout le premier Mars 1946 . |
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| Vues
diverses des ruines et fondations de batiments épars dans le bois
de Chevanny |
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Le camp connaîtra
quelques tentatives de réutilisations mais sans succès,
une colonie de vacances destiné aux enfants de militaires de l'armée de l'air
s'y installera un temps vers 1946, puis le camp à l'abandon sera à nouveau
soumis au pillage et au vandalisme...
Divers bâtiments seront
vendus aux domaines et à des ferrailleurs pour récupération, d'autres
entièrement démontés pour être réutilisés ailleurs ( ville de Puteaux). Les
tranchées visibles le long du chemin sont le fait de l'arrachement des
canalisations .
Dès 1967, le site est
utilisé comme décharge pour les gravats alentour de la piscine et d'ordures
ménagères sur l'emplacement de l'ancienne cantine allemande, la décharge est
aujourd'hui fermée .
Certaines fondations
seront arasées au Bulldozer pour favoriser les reboisements et la plantation de
sapins à l'est du camp .
De nombreuses
propositions et tentatives de rachat du site par des industriels ou des
particuliers, pour des utilisations des plus sérieuses et diverses aux plus
fantaisistes seront sans suite : Camping, Parc d'entreprise, discothèque,
Funérarium etc. ...
Aujourd'hui des bonnes volontés s'emploient à faire sortir de l'oubli ce site
unique en Franche Comté, lui redonner sa dimension historique et tenter de mettre fin à son inexorable destruction .
Monsieur Chekhab réalise une étude des plus sérieuse et des plus assidue sur le camp,
il organise ponctuellement des
visites guidées des lieux, s'efforce de créer une dynamique pour éviter l
'abandon d'un site aussi exceptionnel qui serait absolument impardonnable ...
Il peut être contacté par l'intermédiaire de la
Mairie de Foucherans .
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| SUITE
>>> : L'aéroport
de Dole-Tavaux, l'activité aérienne |
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Sources : SHD, Daniel GILBERTI ( Histavia21), Mr
Jean-Marie CHEKHAB ( Professeur d'Histoire et Conseiller municipal de
Foucherans), Mr SWEJGAARD, (Historien Danois spécialiste de
la chasse de nuit Allemande) . |
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