Le DORNIER 217 N1 CHASSEUR DE
NUIT
De Saint
Jean De Boeuf
L'avion mystérieux de
Saint jean
de Boeuf
Je
découvre l'existence de cet appareil en 1996 à la lecture de
" DACKEL, SAINT JEAN DE BOEUF A L'HEURE ALLEMANDE " de Michel
BARASTIER et Marcel FRIBOURG .
Cette petite
plaquette photocopiée " à compte
d'auteur" est aujourd'hui épuisée,
elle ne sera peut etre jamais rééditée .
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Dans les dernières pages de cet excellent petit
livre, il est question du crash d'un avion allemand en 1942,
au lieu dit
"la combe à l'abîme ": Un
"Messerchmitt" non identifié et de trois corps déchiquetés enterrés sur le site même...
Après de difficiles recherches, cartes IGN en main, ce sera surtout sur les indications d'un ami que je localiserai le lieu du
crash en forêt, à flanc d'un coteau très caillouteux.
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Sur le site ne subsistent que
fort peu de traces de l'accident, une légère excavation dans la pierraille et
quelques menus
débris de tôles d'aluminium, de caoutchouc et de fil électrique,
étroitement mêlés à l'humus et aux feuilles mortes sur une surface d'au
moins
500 m2.
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J' ai commencé à recueillir des témoignages, tout en tentant vainement d'observer
le peu d'éléments présents sur place.
Il n'était guère possible d'entamer des fouilles sérieuses, l'avion
ayant été dynamité par les allemands (comme d'usage lorsque le relevage était
impossible ou trop fastidieux ), et l'épave sera entièrement ferraillée
dans les années qui suivirent la libération .
Ce sera surtout
grâce à l'aide de gens du voisinage qu'il me sera permis d'étudier de
nombreuses pièces, morceaux et reliques de cet oiseau de nuit, ramassées à
l'époque .
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Que tous les gens des
villages alentours qui m'ont consacré pas mal de leur temps et ont
fouillés pour moi leurs greniers et leurs souvenirs en soient
ici remerciés .
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Mes recherches qui dureront près de cinq ans,
aboutiront en Mai 2002 à l'identification définitive de
l'appareil .
Celles ci seront plutôt hésitantes au début, parmi les débris de munitions venant de l'appareil que l'on me confie à l'examen,
j'identifie trois types principaux :
- 2 cm
MG FFM, pour canon d'avion Oerlikon, datées de 1940 à 1941 .
- 2 cm MG151/20, pour canon d'avion, douilles en fer aux marquages
oxydés, difficilement lisibles ...
- 7.92
mm, pour mitrailleuse d'avion MG 17, datées de 1936 à 1941 .
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Un
habitant de Gergueuil se souviendra d' avoir ramassé une mitrailleuse MG 17 de 7.92 dans les
années 1950 qui a du être jetée à la ferraille depuis .
Au vu de cette
configuration, et comme il était question d'un chasseur,
je pense
dans un premier temps à un Focke Wulf 190, une idée qui ne collait guère
avec l'hypothèse de trois occupants ...
Cette première hypothèse perdurera
jusqu'a la découverte inespérée chez un fermier
alentour d'un des pots d'échappement de l'avion ...
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Dans un premier temps, l'examen suppose
qu'il s'agit d' un échappement pour JUMO 211 destiné à un bimoteur Heinkel 111
...
Hypothèse plausible par le manque à l'appel d'un très grand nombre de
He111 du
IV/KG55 de la base de Longvic toute proche...
Mais il y a des trucs qui ne collent
pas avec l'armement et des doutes subsistent, et je ne trouve guère de détails précis permettant
de définir avec certitude à quel type de Heinkel 111 j'avais affaire, je me mis à étudier de très près
toutes les possibilités, les versions
rares et spéciales...
Un certain nombre d'avions peu courants avaient
été observés sur la Base de Longvic pendant
l'occupation ...
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| Les pièces principales des avions de la Luftwaffe
portent des codes de fabrication explicites, et courrant 2000 je
peut enfin examiner des marquages parlant : R
8-217
j'étais en présence de pièces venant de façon incontestable d'un bimoteur Dornier 217
!!! |
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| Page spéciale
: Comment lire un marquage de pièce d'avion allemand ..<
CLIC> |
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Un
nouveau problème se
pose avec l'identification d'un Dornier 217 montant un JUMO
211, les
seuls 217 à monter ce type de moteur étaient les 5 premiers modèles d'essais
217 C, après bien des errements je découvre qu'il s'agissait en fait
d'un moteur Daimler Benz 603 A de bimoteur Dornier 217 N1
chasseur de nuit !
Les bases de
Dijon-Longvic et de Dole - Tavaux toutes proches ont toutes deux accueillies des escadrilles de chasseurs de nuit :
II/NJGIV
5° Staffel pour DIJON-LONGVIC
II/NJGIV
6° Staffel pour DOLE-TAVAUX
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Commence alors une nouvelle recherche afin de trouver l'origine de l'appareil
sur la base imprécise d'une période allant de
fin 42 à fin 1943 (au vu des dates figurant au culot des munitions observées),
recherches
non couronnées de succès dans un premier temps...
Puis, tout ce précipite, je fais connaissance de Monsieur Marcel FRIBOURG,
co-auteur
du livre sur le Dackel, qui organise une charmante petite réunion d'amis sur
le site de la base Radar, je leur fait part de l'avancement de mes recherches,
un des participants en parlera à un de ses amis journaliste au " Bien
Public ", à la suite de quoi le quotidien régional consacrera à
mes travaux un article plutôt sympa .
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Mon identification du type exact de l'appareil,
"chaînon manquant" vient rapidement aux oreilles d'un chercheur
français qui
retrouve le compte rendu de l'accident de cet appareil dans les travaux
d'un allemand, auteur de plusieurs livres sur le sujet : monsieur Michael
Balls .
<
Le document allemand compte rendu de l'accident |
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| Je contacte directement
Mr Balss, avec qui j'étais dèja en relation via Internet et qui n'avais pas pu me renseigner dans un premier
temps faute de lui avoir communiqué le type exact de l'appareil, il confirmera
l'identification de l'appareil . |
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Il s'agit donc d'un bimoteur Dornier 217 N1 chasseur de Nuit
qui s'abîma sans motif connu dans la nuit
du 15 au 16 Mai 1944, les autorités allemandes indiquent qu'il s'agit d'un
accident, peut etre une mission de chasse qui a mal tourné...
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| Son "Werk nummer"
était 1488, Il appartenait au 6./NJG4, sixième Staffel du II/NJG4,
(II° groupe 6° Staffel
Nachtjäger 4) de Dole Tavaux |
| Le document allemand d'époque concernant l'accident
révèlera l'identité de l'équipage qui sera tué dans l'accident : |
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| Flugzeugführer
(pilote ) : |
| Gefreiter Kurt
VALENTA 9./fl.Rgt.11 Nr 3245 né le 17 Octobre 1924 à Bruck Steier-a.d.thurrmark. |
| Opérateur armement
et radar : |
| Unteroffizier
Hans BREITNER Ln.Flugsich.Komp 12/3 Nr166 né le 15 Avril 1919 à
Freising ober Bayern, |
| Mécanicien et
armement : |
| Gefreiter
Karl STEGEN 68681/15 né le 31 Janvier
1923 à Hannover, |
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A
la recherche de l'équipage,
La
garnison du camp radar
"Dackel" s'est rendue immédiatement sur place et ramassa trois corps
mutilés pour les mettre en cercueils .
Des témoignages concordants prétendaient qu'ils furent inhumés sur le site
même du Dackel ou
les tombes auraient été entretenues jusqu'a l'évacuation du camp en septembre 1944,
soit guère plus de trois mois après... Certaines personnes pensant même
qu'ils s'y trouvaient encore ...
Cette hypothèse que je ne pouvais exclure sans la vérifier paraissait fort peu
probable ...
En effet j'appris de monsieur Gilles Hennequin , historien régional,
que dès 1946 les services allemands arpentèrent nos campagnes pour
récupérer les corps de tous les combattants susceptibles d'y reposer dans des
sépultures de fortune, aidés en cela par de nombreux anciens combattants, FFI
et
résistants .
D'hors et déja, le document allemand relatant l'accident indique qu'ils furent
enterrés à Dole d'ou
l'avion décolla pour sa dernière mission, le numéro des tombes y étant indiqué .
Mes premieres investigations auprès des services municipaux Dolois restèrent sans succès,
le relevage des tombes par les
services allemands des sépultures intervenu dans l'immédiat après guerre n'y aurait laissé aucune
archive .
C'est
sur le conseil de monsieur Gilles Moreau, spécialiste des crashs d'avions
en Saône et Loire qu'un ami résidant en région de Verdun se rendit
à Andilly en Meurthe et Moselle ou certaines tombes d'origine Doloise
furent déplacées et y
retrouvera les
tombes des aviateurs .
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Kurt Valenta
Bloc 24 grave 697
Karl Stegen
Bloc 24 grave 699
Hans Breitner
Bloc 24 grave 700
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La magie d'Internet et le Contact
avec la famille
Courant l'été 2007 ces pages d'Histavia21 ont pu permettre à la famille du
pilote Kurt Valenta de connaître enfin l'endroit ou repose leur parent, et
celui de l'accident de son avion .
Des recherches auprès des Autorités Autrichiennes n'ayant pas abouti .
Grâce à l'Internet qui fait fi des frontières, son neveu résidant aux états
unis et portant lui même le même nom et le même prénom a pu communiquer aux
deux frères du pilote les éléments concernant l'accident .
Un de ses deux frères résidant en suisse fût lui même pilote dans la
Luftwaffe et sera blessé durant la seconde guerre mondiale, un contact très
gentil et très chaleureux fût établi récemment .
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>> L'Armement
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